Psychonauts 2 : le jeu parfait pour les « c’était mieux avant »

Le 26 juillet 1967, dans la ville de Sonoma en Californie, nait Timothy John Schafer. Et c’est sans aucun doute l’une des personnalité qui a le plus eu d’influence sur mon amour pour les jeux vidéo et tout ce qui s’y lie. Figure emblématique de LucasArts dans les années 90, il a fait partie de ce qui était a mes yeux, les meilleurs des meilleurs des meilleurs m’sieur, avec mention.

Avant de parler de Psychonauts 2, parlons déjà de Tim Schafer et de pourquoi son œuvre est importante dans le milieu. Déjà, il a travaillé pour LucasArts, qui est certainement une des plus grosse déception managériale de la planète. Le studio est une sous branche de Lucas Film, la maison Star Wars, et sortira plusieurs énormes titres d’aventure, au delà de la bonne centaine de jeux StarWars: Indiana Jones and the Fate of Atlantis, The Dig ou encore Sam&Max.

Entre 1990 et 98, Tim travaillera sur plusieurs titres phares de l’histoire des jeux d’aventure : les trois premiers Monkey Island, Day of the Tentacle, Full Throttle et Grim Fandango. Mêlant humour et aventure avec brio a chaque fois tout en liant cela à un moteur de jeu novateur et impossible à égaler par la concurrence. Mais le studio veut surfer sur la nouvelle vague Star Wars relancée par l’Episode 1, et sur les 85 jeux sortis entre 1999 et 2013, 68 ont été des jeux StarWars, et des 18 jeux restants, tout est passé a l’oubliette.

Les jeux d’aventures ne sont plus une priorité pour LucasArts et plusieurs gros noms de l’équipe quittent le studio afin de pouvoir faire ce qu’ils aiment, comme Ron Gilbert, le papa des Monkey Island et de Thimbleweed Park. Tim Schafer fondera Double Fine en 2000 et je vous invite a aller écouter cette interview très complète qui explique comment cette aventure qui aurait du se casser la figure, tiens encore le coup aujourd’hui.

Psychonauts, le premier, sort 5 ans après la création du studio. Acclamé par la presse, le jeu déçoit au niveau des ventes, comme un fameux Beyond Good & Evil de Michel Ancel, sorti deux ans auparavant. Les jeux d’aventures n’ont plus le vent en poupe et cela se ressentira dans l’industrie. Il aura fallu 16 ans pour que la suite arrive. Durant ces 16 années, Tim Schafer n’a pas chômé, mais rien ne semblait atteindre les ambitions de Brütal Legend, sorti en 2009, qui est toujours incompréhensible au niveau budgétaire vu le nombre de stars du rock qui y sont en caméos. Il y aura bien eu Broken Age en 2014 qui reviendra à un point and click plus classique mais avec un système très différent dans son choix de personnages. Le studio se mettra par faire des jeux à ambitions plus modeste pour payer les factures puis des remaster de ses anciens grands titres a savoir, Grim Fandango ( a faire absolument) et Full Throttle ( a faire doublement absolument). En 2019, Double Fine rejoint les Studios Xbox et Psychonauts 2 sort finalement en 2021, soit 6 ans après son annonce au Game Award de 2015 et donc 16 ans après le premier.

Alors que reste-t-il du jeu après tout ce temps? Rappelons que Duke Nukem Forever est sorti 15 après son prédécesseur pour être au final un des pire jeux de l’histoire. Psychonauts2 commence directement là où le premier se termine, par un résumé parfaitement ficelé de ce dernier d’ailleurs. Résumé plutôt bien accueilli vu la complexité du concept. On y joue donc le petit Razputin Aquato, toujours avec sa peur de l’eau due à une malédiction intergénérationnelle, qui doit trouver le responsable de l’enlèvement de Truman Zanotto. Et on va parler tout de suite de ce qui va moyen : le gameplay.

Psychonauts 2 est un jeu de 2006, sorti 15 ans plus tard. Alors c’est peut-être moi, mais beaucoup de choses sont perfectibles sur cette partie, le système de combo est pas ouf, le système de changement de capacité est pas ouf, le système de soin est pas ouf… on est vraiment en 2005. Sur un très bon jeu de 2005, mais en 2005 quand même

L’interlude négative étant finie, parlons du reste. Car la direction artistique, la musique, le doublage et même le level design très « intéressant » sont à mettre à l’honneur.

La musique est signée Peter McConnell, aussi un ancien de LucasArts, qui a travaillé entre autre sur Grim Fandango, Full Throttle et Brütal Legend. Grim étant l’un des titre qui m’a fait découvrir la puissance de la musique dans les jeux, c’est avec énormément de plaisir qu’on tend l’oreille aux arrangements et thèmes des différents personnages. Rempli de contrebasse et de saxophones, la musique nous guide à travers le monde de Psychonauts sans nous rendre sourd.

Si le respect du traitement sonore est présent, la patte graphique est incroyablement réussie. L’asymétrie constante dans le design des décors et des personnages, rendent le monde de Psychonauts excessivement attrayant. Les niveaux sont pour le moins spéciaux, il ne faut pas oublier que l’on joue un espion qui en plus d’être télépathe, peut envoyer une image de son esprit dans celui des autres. Et tout les esprits sont différents, allant d’un monde fait de papier et de carton au plateau télévisé d’une émission de cuisine. Mais cette direction artistique aux petits oignons qui, en plus de respecter le travail du premier, exploite les machines actuelles et les possibilités techniques de ces dernières est vraiment ce qui fait de Psychonauts ce petit ovni dont il ne faut pas passer à côté. Même sur les anciennes génération de consoles, le jeu est parfaitement optimisé, capé à 30fps, à l’inverse d’un certain jeu polonais.

The cake is a lie – Le genre de chose qu’on croise toutes les 5 min dans Psychonauts2

Le rythme de l’écriture et de l’avancée du scénario est aussi une des force du titre. Jamais on nous laisse avec l’impression de tirer en longueur juste parce qu’on ne savait pas comment justifier un genkidama sur 3 épisodes. L’écriture dans les jeux d’aventure, c’est le nerf de la guerre. Un jeu comme Woodruf et le Schnibble d’Azimuth a beau être moche comme pas possible (sorti la même année que Super Metroid et Final Fantasy VI) l’écriture le porte du début à la fin. Et si il y a bien quelque chose que Tim Schafer a pris dans ses bagages en partant de LucasArts, c’est sa plume.

L’humour au poil, l’absurde toujours, j’ai passé quelque heure sur le jeu (inclus dans le game pass), je ne regrette rien. Je me réserve un second run plus tard, le temps d’oublier un peu certains puzzle.

Psychonauts 2 ne sera certainement pas apprécié de tous, et pourtant il devrait. Le jeu est frais, drôle, et se trimbale 16 ans de casseroles de développement, pour montrer au final que pour faire un bon jeu, il faut vouloir faire une bon jeu. Après Persona 5 (oui je l’ai découvert très tard) Psychonauts 2 est mon jeu de l’année. Double Fine a cette capacité de produire des jeux qui parlent à l’enfant trentenaire que je suis. Psychonauts2 en est l’exemple parfait, une bonne histoire, une bonne DA, un doublage exceptionnel, la jouabilité perfectible est vraiment secondaire tant on prend du plaisir avec le scénario et le monde en lui même.

Ah oui, c’est gratuit sur le GamePass.


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